La décision des élus d’Aubagne rencontre un écho enthousiaste dans la ville, « chez les jeunes qui le plébiscitent », observe le maire, qui évalue les dépenses de transport urbain pour une famille avec deux enfants à 700 euros par mois. Pour Alain Sendra, commerçant et responsable de Coeur de ville d’Aubagne, « cette décision est une très bonne chose pour les usagers », espérant cependant « que cela favorise la venue en centre-ville et non le contraire pour faire ses courses ». L’objectif des élus est clairement annoncé : favoriser le transport collectif au détriment de la voiture.
Les expériences d’autres villes comme Le Mans, Clermont-Ferrand, Châteauroux, qui ont mis en avant la gratuité des transports, ont été étudiées sur place par les édiles provençaux. Ces villes connaissent une fréquentation accrue des passagers. Dans l’agglomération d’Aubagne ou le réseau bus draine 6 500 personnes par jour, l’objectif « est de doubler d’ici 2009-2010 », explique le maire. Qui va payer ? Question sensible s’il en est. Tenant compte d’une tarification déjà très modique, « une des plus faibles de France », la vente des billets ne rapportait que 693 000 euros par an. Elle sera entièrement compensée par le « versement transport » dont sont redevables les entreprises de plus de 10 salariés, lequel, au regard de la taille de l’agglomération, plus de 100 000 habitants aujourd’hui, passera de 0,6 % à 1,05 % de la masse salariale dès février 2009. Ainsi, selon Daniel Fontaine, « les moyens existent pour mettre en place sans attendre la gratuité des transports ici » et, pour le futur, « de garantir leur développement » avec l’agglomération.
Aubagne, un exemple ? Peut-être. En tout cas, le premier magistrat ne cache pas son souhait « que ce que nous faisons puisse être utile » dans le cadre de la mise en place, dans les Bouches-du-Rhône, d’un syndicat mixte des transports pour améliorer la situation dans le département. Le nombre et la diversité politique des collectivités territoriales qui s’engagent sur la gratuité des transports publics comme solution aux défis des déplacements urbains montrent, pour le moins, que la question se pose.
par Max Staat dans l'Humanité du 2 janvier
2009
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